Les cellules sénescentes sont des cellules vieillissantes qui ont stoppé leur
réplication dès qu'elles ont subi trop de dommages (usure des télomères,
lésions irréparable de l'ADN, accumulation de ROS).
Elles finissent normalement par mourir d'apoptose avant d'être éliminées par le
système immunitaire, mais ce processus semble devenir moins efficace avec l'âge :
les cellules sénescentes s'accumulent en sécrètent des facteurs qui créent des
inflammations chroniques souvent associées à des maladies liées à l'âge [03/2016].
On commence à découvrir qu'un excès de cellules sénescentes dans une région du
corps prédispose à un cancer : elles sécréteraient des signaux anormaux, créant
ainsi un terrain propice au développement des cellules précancéreuses. Elles
pourraient également faciliter les métastases en dégradant les tissus alentours
[07/2009].
En ajoutant deux nouveaux gènes (Nanog et Lin28) aux 4 gènes utilisés pour
transformer une cellule adulte en CSPi, Jean-Marc Lemaître et son équipe sont
parvenus à reprogrammer une cellule adulte sénescente (c'est-à-dire ne se
reproduisant plus), chose impossible jusqu'alors [12/2011].
Le rajeunissement des cellules est ainsi devenu une nouvelle voie dans
l'arsenal encore balbutiant de la "médecine régénérative".
En purgeant des cellules sénescentes l'organisme de souris issues d'une lignée
vieillissant prématurément, ces dernières n'ont pas vécu plus longtemps, mais
en meilleure santé : les cataractes et les pertes musculaires sont ainsi
apparues plus tard dans leur existence [12/2011].
Une équipe américaine de la Mayo Clinic (Minnesota) a observé que des souris
purgées de leurs cellules sénescentes (elles expriment le gène p16-lnk4a, ce
qui permet de les reconnaître) présentaient moins d'inflammation, avaient une
meilleure apparence et vivaient de 27 à 35 % plus longtemps.
[03/2016].
Les sénolytiques sont une classe de médicaments créée en 2015 par Jim Kirkland
de la Mayo Clinic (Minnesota) afin d'éliminer les cellules sénescentes chez
l'homme, sans recours à des manipulations génétiques comme sur les souris.
Ils se composent de dasatinib (un anticancéreux) et de quercétine (un
flavonoïde, complément alimentaire).
Testés sur la souris, ils réduisent la charge des cellules sénescentes et
améliorent la santé cardio-vasculaire : réduction de la calcification de
l'aorte, amélioration de la fonction endothélium vasculaire, diminution de
l'athérosclérose [03/2016].
La "sénothérapie" est une nouvelle discipline médicale utilisant des molécules
sénolytiques capables d'éliminer les cellules sénescentes.
Des essais cliniques sont en cours [01/2020].
Le "syndrome de Cockayne" est une maladie héréditaire rare entraînant un retard
de croissance, une photosensibilité, un vieillissement accéléré et un décès
prématuré. Or on a découvert en 2019 que la voie biologique de cette pathologie
est la même que celle des cellules sénescentes.
Elle implique notamment la perte progresive de la CSB (Cockayne Syndrome B),
une protéine absente ou altérée chez les malades, qui déclencherait la
sénescence chez les personnes saines [03/2020].
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