Mécanisme complexe et très peu étudié, utilisé par certaines cellules, en cas
de carence en nutriments, pour recycler certains éléments de leur cytoplasme.
L'autophagie est notamment mise en oeuvre par certaines cellules du nouveau-né
entre le moment de l'accouchement et celui de la première têtée.
Lors de ce processus, la cellule autodigère certains de ses constituants
qu'elle englobe dans de petites vésicules, les autophagosomes, qui fusionnent
ensuite avec des lysosomes, dont les enzymes vont dissoudre le contenu en
fragments pour recyclage.
Dans les cas extrêmes, ce mécanisme de survie conduit à l'élimination totale de
la cellule qui sera absorbée par un macrophage.
L'autophagie nous rend service notre vie durant, faisant le ménage dans les
cellules qui accumulent au fil du temps les dangereux dérivés réactifs de
l'oxygènes (les oxydants). En cas de défaillance du mécanisme d'autophagie,
les plaques d'agrégats s'accumulent, pouvant conduire à des atteintes
neurodégénératives comme la maladie de Huntington ou celle d'Alzheimer.
De plus, ses liens avec l'obésité et le diabète de type II commencent à se
faire jour : soumis à une diète, certains neurones s'autodévoreraient, et
déclencheraient ensuite un signal de faim ruinant les efforts réalisés.
On s'est aussi aperçu assez récemment que les cellules cancéreuses dépendaient
de l'autophagie pour maintenir leur métabolisme, ce qui pourrait constituer
leur talon d'Achille [11/2011].
On vient de découvrir que le virus du SIDA (VIH) décime les lymphocytes CD4 par
le biais de ce mécanisme : les CD4 infectés par le VIH provoquent l'autophagie
de leurs congénères sains par simple contact, entraînant leur destruction.
Peut-être cette autophagie est-elle une réaction de défense [09/2006].
Une étude chez l'animal montre qu'une inhibition de l'autophagie par
inactivation des gènes Atg peut prévenir l'apparition de tumeurs du pancréas
[06/2014].
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