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Synthèse de substances organiques effectuée par les plantes vertes exposées à la lumière, ainsi que certaines bactéries. On dit que les organismes pratiquant la photosynthèse sont phototrophes. La photosynthèse serait apparue il y a 3 milliards d'années. L'analyse de roches sud-africaines (région de Barbeton) en 2011 a repéré des traces de photosynthèse vieilles de 3,4 milliards d'années ; anoxygénique (sans émission d'oxygène), cette photosynthèse primordiale se contentait alors d'oxyder les ions Fer (Fe2+) en suspension dans l'eau des océans. L'étude des roches d'Isua (Groenland), âgées de 3,8 milliards d'années, fait apparaître une surreprésentation de l'istope 56Fe du fer dont seule la photosynthèse peut expliquer l'origine, repoussant d'autant son âge [02/2013]. La photosynthèse moderne avec émission de dioxygène (O2) remonte quant à elle au moins à 2,4 milliards d'années, puisqu'elle a provoqué la Grande Oxydation et la crise biologique planétaire qui s'en est suivie. La photosynthèse est apparue 1,2 milliards d'années après la formation de la Terre (il y a donc 2,3 M.A.) : c'est en effet l'âge des plus anciennes algues fossiles au monde (Bangiomorpha pubescens), découvertes en Arctique [02/2018]. La photosynthèse consiste en la transformation de l'énergie lumineuse en énergie chimique : à partir du gaz carbonique atmosphérique et de l'eau, les plantes vertes réalisent la synthèse de glucides (substances organiques riches en énergie) grâce à l'énergie lumineuse emmagasinée par la chlorophylle, pigment contenu dans les feuilles de ces plantes. L'acide phosphoglycérique est un produit immédiat de la photosynthèse, à partir duquel s'élaborent les aliments organiques de la plante (glucides, lipides, protides). Formule générale : 6CO2 + 6H2O + hm -> C6H12O6 + 6O2 La plupart des végétaux sont autotrophes car ils puisent directement dans le milieu la matière minérale (eau, sels minéraux, gaz carbonique), pour fabriquer, par photosynthèse, les molécules organiques nécessaires à leur croissance et à leur vie. La photosynthèse, dépend d'un pigment, généralement la chlorophylle, et utilise l'énergie solaire. Chez les végétaux supérieurs, ce sont surtout les feuilles qui la réalisent. La lumière est capturée puis transformée en énergie chimique dans les chloroplastes, petits organites cellulaires contenant le pigment. Le processus comprend deux phases : la phase claire et la phase sombre (ou obscure). La phase claire utilise l'énergie solaire pour produire des molécules énergétiques (ATP et NADPH), qui seront utilisées pour la synthèse des sucres (cycle de Calvin) au cours de la phase sombre. Ces sucres simples sont à l'origine de la synthèse de molécules plus complexes (glucides, lipides, protides). L'équation générale de la photosynthèse se résume ainsi : La formule H2A représente un composé pouvant être oxydé, c'est-à-dire pouvant céder des électrons ; le CO2 représente le dioxyde de carbone; et CH2 est une généralisation pour les hydrocarbures incorporés dans l'organisme en croissance. Dans la grande majorité des organismes photosynthétiques - c'est-à- dire les plantes vertes et les algues - le H2A utilisé est l'eau (H2O) ; pour certaines bactéries photosynthétiques toutefois, le H2A est le H2S. La photosynthèse utilisant l'eau étant la plus répandue, c'est celle-ci qui sera traitée en détail. La photosynthèse consiste en deux étapes : une série de réactions photochimiques indépendantes de la chaleur disponible et une série de réactions thermochimiques indépendantes de la lumière. Le rendement des réactions de la première série, appelée la phase claire, peut être augmenté en augmentant l'intensité de la lumière (dans certaines limites) mais pas en augmentant la température. Celui de la deuxième série, appelée la phase sombre, peut être amélioré en augmentant la température (toujours dans certaines limites) mais pas en augmentant l'intensité lumineuse. La phase claire est la première étape de la photosynthèse et correspond à l'absorption de la lumière par des pigments. La chlorophylle est le plus important d'entre eux car il est essentiel au procédé. Elle capture l'énergie lumineuse dans les portions violettes et rouges du spectre lumineux et la transforme en énergie chimique à travers une série de réactions. Différentes formes de chlorophylle et d'autres pigments (des caroténoïdes et des xanthophylles) absorbent d'autres longueurs d'ondes de lumière et transmettent l'énergie obtenue à la chlorophylle pour qu'elle achève la transformation. Ces pigments annexes agrandissent donc les portions du spectre lumineux pouvant être converti par la photosynthèse. La photosynthèse a lieu à l'intérieur des cellules dans des organites appelés chloroplastes qui contiennent la chlorophylle et les autres molécules, en particulier les enzymes, nécessaires aux différentes réactions. La lumière est absorbée par les pigments, ce qui élève leurs électrons à un niveau énergétique supérieur. L'énergie est ensuite transférée en une forme spéciale de chlorophylle appelée centre de réaction. Les électrons excités sont conduits à un récepteur d'électrons, remplacés par des électrons des molécules d'eau, et de l'oxygène est libéré. Les électrons excités passent à travers une chaîne de transport, et de l'ATP (Adénosine TriPhosphate), une molécule riche en énergie, est créée pendant ce processus. La lumière absorbée passe ensuite à son centre de réaction, et les électrons excités sont conduits à un accepteur d'électrons. Ils sont ensuite conduits par une autre chaîne de transport pour activer le coenzyme. Le NADP (Nicotinamine Adénine Dinucléotide Phosphate) est réduit en NADPH2. Les électrons perdus sont remplacés par ceux transférés le long de la chaîne de transport. La phase claire fournit donc de l'énergie sous forme d'ATP et de l'hydrogène dans le NADPH2. La phase sombre a lieu dans le stroma (ou matrice) du chloroplaste, où l'énergie stockée dans les liaisons de l'ATP est utilisée pour réduire le dioxyde de carbone en carbone organique. Ceci est accompli à travers une série de réactions connue sous le nom de cycle de Calvin. A chaque tour de cycle, une molécule de dioxyde de carbone entre et est combinée au départ avec un pentose (ribose 1,5-diphosphate) pour former deux molécules d'un composé à trois carbones (3-phosphoglycérate). Trois tours de cycle, chacun consommant une molécule de CO2, deux de NADPH2, et trois d'ATP, produisent une molécule à trois carbone, le 3-phosphate glycéraldéhyde, dont deux molécules en se combinant forment un sucre à six carbones, le glucose. Le ribose diphosphate est régénéré à chaque tour du cycle. Ainsi, l'effet net de la photosynthèse est la capture temporaire d'énergie lumineuse dans les liaisons chimiques de l'ATP lors de la phase claire, et la capture permanente d'énergie sous forme de glucose lors de la phase sombre. L'eau est dissociée durant la phase claire pour fournir les électrons qui transfèrent l'énergie lumineuse pour former de l'ATP et du NADPH2. Le dioxyde de carbone est réduit pendant la phase sombre pour produire la base de la molécule de sucre. Si les chimistes pouvaient utiliser une photosynthèse artificielle, il en résulterait d'énormes potentialités d'utilisation de l'énergie solaire à grande échelle. Beaucoup de recherches sont en cours à cet égard. Une molécule artificielle restant polarisée suffisamment longtemps pour interagir avec les autres molécules n'a pas encore été trouvée, mais les recherches sont prometteuses. Hatena, un micro-organisme marin, semble être à un stade intermédiaire de l'endosymbiose ; il a été observé en plein processus d'incorporation d'une algue, non pour la digérer, mais pour exploiter sa capacité à réaliser la photosynthèse [12/2005]. La limace de mer Elysia chlorotica, non contente de ressembler à une grosse feuille verte, est aussi le seul animal capable de photosynthèse : l'algue dont elle se nourrit lui fournit les chloroplastes qu'elle stocke, mais pour les utiliser elle a intégré à son génome les gènes de la photosynthèse [12/2008] ! Une étude émaricaine vient de montrer que l'ADN des chloroplastes (les structures dans lesquelles se déroule la photosynthèse) de Cyanophora paradoxa renferme de nombreux gènes d'origine bactérienne, venant appuyer l'hypothèse selon laquelle les chloroplastes (tout comme les mitochondries) seraient les vestiges de bactéries. Une analyse plus poussée a montré que ces gènes bactériens semble provenir de cyanobactéries (justement capables de photosynthèse), dont les gènes se retrouvent aussi chez d'autres végétaux : algues vertes, algues rouges et plantes terrestres. Ce faisceau d'indices laisse à penser qu'il y a un milliard d'années, une cellule aurait absorbé une cyanobactérie dont elle aurait hérité la capacité à effectuer la photosynthèse : tous les végétaux seraient ainsi les descendants de cette cellule [04/2012] ! En 2007, des chercheurs de Berkeley (USA) ont envoyé des impulsions lasers sur les molécules de chlorophylle de bactéries refroidies à -196 °C, et ont obtenu un signal inattendu, correpondant à des fluctuations énergétiques répétées et particulièrement longues, qui résulteraient d'une "cohérénce quantique". C'était la première fois que l'on observait ce phénomène chez un être vivant. Les particules en état de cohérence interagissent très fortement entre elles, quelle que soit la distance qui les sépare ; comme le chat de Schroedinger, elles occupent aussi plusieurs niveaux énergétiques en même temps. Dans le cas de la chlorophylle, en se propageant d'une molécule à l'autre, c'est comme si l'énergie explorait plusieurs chemins à la fois pour choisir le meilleur, en minimisant les déperditions. Deux arguments furent opposés à cette théorie : la très faible température de l'expérience, peu compatible avec la vie biologique - or en 2010 un comportement similaire a été observé à température ambiante chez des algues ; et le fait que ces fluctuations pourraient résulter des vibrations individuelles des pigments chlorophylliens - or une simulation numérique réalisée en janvier 2014 à Londres montre que les vibrations de deux chlorophylles à température ambiante partagent les mêmes propriétés, et sont totalement enchevêtrées, relevant donc de l'"intrication quantique". Si leur répartition spatiale était traduite en termes de probabilité, on obtiendrait un chiffre négatif ! Pour s'assurer définitivement que le rendement très élevé de la photosynthèse (95 % de l'énergie solaire est convertie en énergie chimique, en quelques milliardièmes de secondes) est dû à un phénomène quantique, il fraudrait supprimer les cohérences quantiques de manière artificielle puis mesurer le rendement photosynthétique résultant : plusieurs équipes y travaillent. Car si la nature a trouvé un moyen de préserver et d'optimiser la cohérence quantique dans des ensembles désordonnés et à température ambiante, la mise au point d'un ordinateur quantique s'en trouverait grandement facilitée [05/2014]. En parallèle de la photosynthèse qui permet aux chloroplastes de synthétiser des molécules organiques à partir de l'air ambiant, une autre réaction, parasite, se produit parfois : la "photorespiration", dans laquelle la plante capte de l'oxygène au lieu du CO2 et produit du glycolate, un composé inutile et toxique pour elle... Des chercheurs de l'université de l'Illinois et du ministère de l'Agriculture américain ont introduit dans la plante les gènes de deux enzymes végétales permettant de dégrader le glycolate au sein du chloroplaste, et aussi inactivé la protéine qui l'en fait sortir. Ils sont ainsi parvenu à améliorer de 40 % le rendement de la photosynthèse ! Les plantes transgéniques ainsi dopées se sont nettement plus développées. Reste à vérifier que cette modification n'a pas d'effets indésirables sur plante (stabilité de la photosynthèse, propriétés, qualité nutritive). Un enjeu de taille car la hausse des températures accentue la photorespiration [02/2019].
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