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 Photosynthèse artificielleRechercher images 

La photosynthèse artificielle consiste à tenter de reproduire le processus de photosynthèse à l'aide de feuilles artificielles capables de porter les réactions chimiques à l'oeuvre chez les végétaux. Si les chimistes pouvaient utiliser une photosynthèse artificielle, il en résulterait d'énormes potentialités d'utilisation de l'énergie solaire à grande échelle. Beaucoup de recherches sont en cours à cet égard. Une molécule artificielle restant polarisée suffisamment longtemps pour interagir avec les autres molécules n'a pas encore été trouvée, mais les recherches sont prometteuses. Cependant, les tentatives pour reproduire à l'identique la photosynthèse se sont toutes soldées par des échecs, d'une part parce que le rendement est trop faible (1 %), mais surtout parce que les molécules organiques sont très fragiles - ce qui explique que certaines d'entre elles soient renouvelées outes les heures ! C'est pourquoi les chimistes se sont fixés 2 objectifs : produire non pas des sucres mais des carburants, et augmenter le rendement du processus : pour être rentable au niveau industriel, la photosynthèse artificielle devra atteindre au moins 15 % [11/2015]. L'intérêt d'une photosynthèse artificielle serait non seulement de produire directement un carburant capable de dégager de l'énergie, mais aussi de stocker l'énergie classique lorsqu'elle est produite en excès, permettant ainsi d'adapter la fourniture d'énergie à la demande, en heures de pointe comme en heures creuses. Ainsi, les plantes stockent une partie du rayonnement solaire sous forme de molécules carbonées, les sucres, qui concentrent beaucoup d'énergie dans leurs liaisons chimiques : cette énergie est libérée lors de processus chimiques comme la respiration. Les chimistes envisagent plutôt des carburants que des sucres pour stocker l'énergie au sein de molécules. Les chercheurs américains John Turner et Oscar Khasalev sont ainsi parvenu dès la fin des années 1990 à produire de l'hydrogène avec un rendement de 10 %, en branchant un panneau solaire sur un catalyseur - mais le dispositif utilise des métaux rares et coûteux et ne fonctionne pas plus d'une journée ! En 2011, le chercheur américain Daniel Nocera (MIT) a mis au point un système tout-en-un, sorte de "feuille articielle", fonctionnant à l'eau du robinet et produisant de l'hydrogène sur une face et de l'oxygène sur l'autre, tout cela à température ambiante. Et le système fonctionne pendant plusieurs mois ! Cette feuille artificielle est constituée d'une couche de silicium faisant office de panneau solaire et recouverte de catalyseurs bon marché à base de cobalt, nickel, molybdène et zinc. Son rendement atteint aujourd'hui 12 %. D'autres procédés similaires ont été mis au point depuis. Malheureusement, le marché ne semble pas encore prêt pour passer à l'hydrogène, les infrastructures actuelles étant conçues pour le pétrole... D'où la course à la mise au point d'une feuille artificielle capable de produire directement du carburant carboné liquide ! Daniel Nocera a ainsi annoncé début 2015 avoir conçu une "feuille bionique" qui produit de l'isopropanol avec un rendement de 10 % : il a adjoint à sa feuille artificielle des bactéries Ralstonia eutropha génétiquement modifiées qui se nourrissent de l'hydrogène produit ! Une équipe américaine du Lawrence-Berkeley National Laboratory utilise elle aussi des bactéries pour produire du méthane. Mais tant qu'un rendement de 15 % n'est pas atteint, le passage à l'échelle industrielle n'est pas envisageable... Ces dispositifs à base de bactéries OGM annoncent pourtant une révolution, puisqu'ils pourraient remplacer un jour tout un pan de la pétrochimie en produisant avec de l'eau de mer tout type de molécules comme le plastique, les médicaments ou les engrais [11/2015]. La consommation d'énergie mondiale est de 20 térawatts, et pourrait atteindre les 28 TW d'ici 2050, alors que l'énergie solaire qui parvient sur Terre est de 100 000 térawatts par an, et que les plantes stockent 100 térawatts par an grâce à la photosynthèse [11/2015]. Le professeur Nocera du MIT a amélioré le rendement de sa feuille bionique : son alliage nickel-molybdène-zinc provoquait une réaction de l'oxygène qui détruisait l'ADN des bactéries OGM utilisées pour convertir l'hydrogène produit en isopropanol. Pour y pallier, il utilise maintenant du phosphate de cobalt, permettant au rendement d'atteindre 10 % [06/2016]. La photosynthèse des végétaux a augmenté de 30 % au cours du XXe siècle : une conséquence du réchauffement climatique [06/2017].
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