Reconstitution d'un tissu ou d'un organisme à partir d'une ou de quelques
cellules. Par exemple, régénération d'une plante à partir d'un protoplaste,
d'un cal ou d'un fragment d'organe.
Les organismes capables de régénération cellulaire semblent les moins avancés
sur l'échelle de l'évolution : les crustacés ou les reptiles par exemple.
Le processus de régénération cellulaire fait appel à des cellules souches pour
se multiplier et produire le tissu manquant : soit ces cellules souches sont
stockées en vues d'une telle éventualité (cas du planaire, un ver qui s'étire
jusqu'à se scinder en deux, chaque partie régénérant un animal entier ; cas de
l'hydre qui se renouvelle en permanence grâce à une réserve illimité de cellules
souches : une hydre coupée en morceaux produira autant d'individus), soit des
cellules différenciées qui se transforment en cellules souches près de la
blessure puis prolifèrent (cas du triton et de la salamandre, capables de faire
repousser un membre entier).
On pense que les mammifères auraient perdu la régénération cellulaire au profit
du processus de cicatrisation (plus rapide et moins coûteux en cellules) et
d'un système immunitaire plus performant. Ils ont pourtant conservé quelques
reliquats de cette capacité : certains jeunes enfants ont vu une phalangette
sectionnée repousser ; le foie de l'adulte se régénère en quelques jours.
Une souris issue de la lignée MRL (Murphy Roth Large) - lignée affectée d'une
forme de lupus - montre depuis 8 ans d'étonnantes capacités de régénération :
un trou percé dans son oreille se rebouche en 3 semaines, par comblement et non
par cicatrisation ; elle se montre aussi capable de faire repousser ses orteils,
des bouts de queue, un nerf optique [06/2006].
La repousse des cheveux est un processus de régénération : le cheveu est en
effet fabriqué à partir de cellules souches nichées dans le follicule pileux,
une sorte d'enveloppe protectrice située sous la peau.
En croissance durant environ 3 ans, le cheveu entre ensuite dans une phase de
repos qui dure quelques semaines, avant de tomber.
A chaque fin de cycle, le follicule pileux est entièrement détruit puis se
régénère - sauf quand survient la calvitie [07/2009]...
.
Des études plus poussées viennent de montrer que l'origine de la calvitie n'est
pas liée à un manque de cellules souches mais à une altération de la conversion
des cellules souches en cellules progénitrices capables de donner naissance aux
cellules matures du follicule. Ainsi, une personne chauve n'est pas dénuée de
cheveux, mais ceux-ci sont invisibles car microscopiques [01/2011].
.
Des scientifiques britanniques ont montré que l'apparition des cheveux blancs
résulte de l'accumulation de peroxyde d'hydrogène dans les follicules pileux,
qui entraîne un important stress oxydatif à l'origine du blanchiment.
Ils ont découvert que le PC-KUS, un composé activé par les rayons UVB, était
efficace pour inverser tant le blanchiment des cheveux que celui de la peau
(vitiligo), et ont breveté un traitement à base de PC-KUS [05/2012].
Une étude américaine montre que la souris est aussi capable de régénération,
mais uniquement pendant la première journée suivant la naissance : des
souriceaux dont 15 % du coeur ont été retirés régénèrent en effet cet organe en
3 semaines, et l'activité cardiaque redevient normale au bout de 2 mois.
Ce mécanisme de régénération disparaît malheureusement dans les jours qui
suivent (7 au plus tard), pour être remplacé par le classique processus de
cicatrisation, moins complet et de qualité inférieure [03/2011].
Les souris épineuses (Acomys kempi et Acomys percivali) d'Asie et d'Afrique ont
adopté la même stratégie que les lézards : attrapées par un prédateur, elles
abandonnent 60 % de leur peau du dos, laissant les chairs à vifs, et il leur
suffit d'un mois pour la régénérer, sans la moindre cicatrice [09/2012] !
Une étude britannique montre que les macrophages jouent un rôle crucial dans le
processus de régénération d'un membre amputé chez l'axolotol (une salamandre).
En effet, des individus dépouillés de leurs macrophages se sont montrés
incapables de régénérer un membre amputé, et ceux chez qui le nombre de ces
cellules a été drastiquement réduit mettent plus longtemps pour se régénérer
[05/2013].
La capacité des lézards à faire repousser leur queue coupée se paie par des
télomères plus courts que chez les animaux incapables de cette prouesse ; or la
longueur des télomères conditionne la durée de vie des cellules [09/2019].
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