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Aminoacide (monoamine) du groupe des catécholamines, précurseur de la noradrénaline et de l'adrénaline. Hormone impliquée dans les processus de récompense, elle joue un rôle dans le contrôle des mouvements, l'humeur ainsi que la dépendance et le circuit du plaisir. La nourriture, le sexe ou la drogue provoquent la libération de dopamine, tout comme la musique [02/2011]. Notre chronomètre mental, qui nous permet d'estimer des durées, serait régi en en partie par le taux de dopamine dans le striatum. Certaines drogues comme la cocaïne ou le cannabis augmentent le taux de dopamine dans le striatum du cerveau, ce qui a pour effet d'accélérer notre chronomètre interne en donnant l'impression que le temps passe moins vite ; l'alcool produit l'effet opposé [08/2012]. Dans une expérience en 1997, on mesure l'activité cérébrale de singes auxquels on présente des fruits : les neurones dopaminergiques s'affolent dès que l'animal porte le fruit à ses lèvres. Dès que ces neurones reçoivent un signal sensoriel annonçant une récompense, ils libèrent de la dopamine qui déclenche une sensation de plaisir. Dans une deuxième phase, un voyant est allumé avant de délivrer un fruit. La dopamine n'est alors plus sécrétée lorsque le morceau de fruit apparaît, mais dès l'activation du signal lumineux. Autrement dit, le singe anticipe son plaisir ! Wolfram Schultz a ainsi montré que les neurones dopaminergiques ont la capacité d'évaluer une récompense, un gain attendu. En 2006, l'expérience est prolongée par Hagai Bergman : désormais, dès que la lumière s'allume, le singe doit appuyer sur un levier pour obtenir son gain. Il doit donc prendre une action motrice. Mais si la récompense n'est plus délivrée systématiquement, le signal dopaminergique s'atténue peu à peu jusqu'à ce que le singe renonce à tout effort. Conclusion : les neurones dopaminergiques jouent un rôle d'évaluation dans les mécanismes de prise de décision. C'est le circuit de la récompense qui motive la décision, en sécrétant plus ou moins de dopamine selon qu'il existe plus ou moins de chance d'obtenir un gain. On considère aujourd'hui qu'il y a deux protagonistes dans notre cerveau, le critique et l'acteur. Le critique, ce sont les structures dopaminergiques qui prédisent les conséquences du choix, donnent une valeur aux alternatives et motivent l'action. L'acteur, c'est en grande partie le cortex préfrontal qui choisit parmi ces différentes valeurs. Plus la décision est routinière, moins le cortex préfrontal intervient, et inversement pour les décisions complexes [09/2009]. La "maladie de Parkinson" est causée par la destruction d'un groupe de neurones spécialisés dans la production de dopamine. Utilisée pour lutter contre la maladie de Parkinson, la prise régulière de dopamine en comprimés devient inefficace à long terme et impose une augmentation des doses responsable d'effets secondaires. On sait le rôle toxique joué par l'accumulation de fer et des composés fer-dopamine dans le cerveau : la mesure par synchrotron de la teneur en fer des différentes régions cérébrales permet de détecter précocement les troubles neurologiques annonçant la maladie de Parkinson [09/2009]. Des chercheurs italiens ont découvert en 1998 que toutes les drogues provoquent la libération de dopamine dans la région du cerveau appelée "noyau acumbens". La théorie dominante sur le mécanisme de la dépendance (ou addiction) est que circuit cérébral de la récompense, qui gère la satisfaction de nos besoins vitaux, se trouve totalement perturbé par la libération massive de son messager principal, la dopamine : le cerveau considère alors la drogue comme étant le plus essentiel des besoins à satisfaire. Des chercheurs français proposent un autre modèle, dans lequel l'addiction provoque un découplage entre la noradrénaline et la sérotonine [10/2008]. 90 % des jeunes asiatiques sont myopes : la raison en serait un déficit en dopamine, qui est produite dans la rétine lorsque celle-ci est exposée aux rayons du soleil - or les jeunes passent de plus en plus de temps en intérieur. Le globe oculaire a en effet tendance à croître naturellement jusqu'à l'âge de 25 ans, mais la dopamine permet de stopper cette croissance et de conserver un globe sphérique : sans son influence, il finit par adopter une forme ovale responsable de la myopie [07/2012]. La surconsommation des aliments gras et sucrés provoque une diminution des récepteurs à la dopamine et une désensibilisation des circuits de la récompense, ce qui pousse à consommer encore plus d'aliments gras et sucrés pour compenser ces déséquilibres [09/2012]. Une étude datant de 2007 a montré que les sujets qui profitent au mieux de l'effet placébo voient leurs taux de dopamine augmenter. Une nouvelle étude montre que les patients qui réagissent le mieux à l'effet placebo présentent des concentrations en dopamine 3 à 4 fois plus élevées au niveau du cortex cérébral, qui résultent d'une mutation du gène comt [10/2012]. Une étude américaine vient de montrer que les personnes les plus exposées au bénomyl développent davantage la maladie de Parkinson, mais par une voie autre que celle de l'alpha-synucléine, la seule identifiée jusqu'à présent dans cette maladie. Le bénomyl inhibe en effet l'enzyme ALDH (aldéhyde déshydrogénase), ce qui induit une cascade de réactions cellulaires menant notamment à l'accumulation de la protéine 3,4-dihydroxyphénylacétaldéhyde (dite DOPAL) dans les neurones dopaminergiques présents dans le corps noir (locus niger), avec pour conséquence leur disparition sélective, exactement comme cela se produit avec l'alpha-synucléine. Les chercheurs pensent que ce processus existe même chez les parkinsoniens qui n'ont jamais été exposés au bénomyl, et suggère donc de cibler l'ALDH pour la mise au point de nouveaux traitement contre la maladie de Parkinson [01/2013]. Le simple goût de la bière, même en faible quantité, suffit à activer les circuits de la récompense, la libération de dopamine donnant envie de continuer à boire [06/2013]. Une thérapie génique contre la maladie de Parkinson vient d'être tentée en injectant dans la zone cérébrale atteinte, le striatum, un lentivirus inactivé Lenti-TH-AADC-CH1 contenant les 3 gènes nécessaires à la synthèse de la dopamine : AADC, TH et CH1. Les améliorations constatées se sont toutefois révélées modestes [02/2014]. Un essai clinique sur 12 personnes indique que le nilotinib, un médicament utilisé pour le traitement de la leucémie, pourrait inverser le déclin moteur et cognitif des patients atteints de maladie neurodégénrative telle la maladie de Parkinson : il a permis de réduire dans le cerveau la quantité de protéines toxiques liées à la maladie et d'accroître la production de dopamine [12/2015]. Une étude danoise rapporte une augmentation de 70 % du risque de contracter la maladie de Parkinson chez les sujets atteints de rosacée (couperose). Cette association inattendue pourrait résulter de troubles de l'expression des métalloprotéases, des enzymes de la matrice extracellulaire [06/2016]. Selon une étude suédoise, la maladie de Parkinson pourrait débuter dans l'intestin avant de se propager au cerveau par l'intermédiaire du nerf vague : lorsque ce nerf est retiré en mejeure partie, les patients ont 40 % de risques en moins de développer la maladie [06/2017] ! Des patients ayant subit une vagotomie (section du nerf vague) afin d'éliminer les sécrétions acides lors d'ulcères de l'estomac, sont moins susceptibles de développer la maladie de Parkinson ! D'où la théorie selon laquelle cette pathologie prendrait naissance dans le tube digestif et se transmettrait au cerveau par le transport de molécules toxiques (prions ?) par le nerf vague [05/2018]. Des chercheurs de l'Institut Max Planck de Cologne (Allemagne) ont montré que l'ingestion de nourriture engendrait deux pics distincts de libération de dopamine, le principal neurotransmetteur du circuit de la récompense. Le premier pic survient juste après la prise de l'aliment, il irrigue les régions associées à la perception sensorielle et au circuit de la récompense ; le second pic survient 15 à 20 mn plus tard, lorsque la nourriture atteint l'estomac : il fait intervenir l'intestin, la dopamine remontant jusqu'au cerveau et activant les fonctions cognitives supérieures. Cela pourrait expliquer les comportements liés au surpoids : plus on est gourmand (et donc le désir intense), moins la production de dopamine par l'intestin est importante, inhibant alors le signal de satiété [02/2019]. Le CHU de Lille a pour la première fois au monde injecté de la dopamine directement dans le cerveau de patients atteints de la maladie de Parkinson grâce à une petite pompe implantée. Car non seulement la dopamine s'oxyde en quelques heures au contact de l'air et devient alors inefficace, mais elle est aussi bloquée par la barrière hémato-encéphalique. Son injection directe dans la zone cérébrale supposée en produire a diminué de 70 % les médicaments aux effets secondaires importants, et de 90 % les tremblements et raideurs [06/2022]. La lumière du jour stimule la production par certains neurones de la rétine de dopamine, laquelle contrôle notamment l'allongement de l'oeil et limite ainsi le risque de myopie, due à un allongement trop important de l'oeil. La myopie connaît deux pics, entre 6 et 12 ans puis entre 18 et 25 ans [01/2025].
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