Accueil > BD > Biologie cellulaire et moléculaire > Biologie moléculaire > Protéines > Protéines humaines > Histone Sommaire   Index 

 HistoneRechercher images 

Protéine contenant du soufre et de la tyrosine, et qui, liée à l'ADN des noyaux cellulaires, joue un rôle important dans la synthèse des protéines et sans doute la transmission du code génétique. L'ADN des chromosomes s'enroule autour des histones pour former la chromatine. Le nucléosome est composé de 4 paires de petites protéines, appelées histones (nommées H2A, H2B, H3 et H4), autour desquelles sont enroulées 2 boucles d'ADN d'une longueur de 146 paires de bases. Une autre protéine histone de grande taille, H1, se place à cheval sur deux nucléosomes, ce qui permet de compacter l'ensemble. Le degré de compaction des nucléosomes dépend de l'ajout sur les histones, par liaisons covalentes, de groupements méthyles (CH3), acétyles (COCH3), phosphates (PO4), etc. Un fort taux de compaction inhibe la transcription, c'est pourquoi ces modifications des histones sont dites épigénétiques. On ne connaît qu'un petit nombre d'histones différentes, que l'on trouve dans toutes les cellules en proportions semblables : elles ne présentent donc pas de variations suffisantes capables d'assurer à elles seules une spécificité de régulation pour chaque gène. Des études plus récentes ont démontré que les histones peuvent subir des modifications chimiques covalentes catalysées par des enzymes : ces modifications, dites épigénétiques, touchent principalement les extensions amino-terminales des histones, exposées à la surface du nucléosome. Elles agissent sur la force des interactions entre les histones, influençant ainsi la stabilité des nucléosomes. Certaines de ces modifications, comme l'actéylation des résidus lysines, rendent l'ADN accessible à la transcription, tandis que d'autres, comme la méthylation des histones ou de l'ADN, ont l'effet inverse. Ainsi, les régions de la chromatine actives et inactives (on parle d'euchromatine ou d'hétérochromatine) ont chacune une signature épigénétique typique. Les histones sont de petites protéines basiques (11 à 22 kilodaltons) en charge de l'empaquetage de l'ADN, qui lui confère sa remarquable compacité sous la forme de chromosomes (deux mètres de long confinés dans un volume cellulaire de quelques millionièmes de mètre cube). Pour cela, l'ADN s'enroule à intervales réguliers autour d'une histone, formant une sorte de collier de perles, les nucléosomes. La protéine HIRA joue un rôle essentiel dans cette phase du compactage de l'ADN. Les histones possèdent à leur surface des extrémités qui peuvent être aminoterminales (elles renferment un groupement amine NH2) ou carboxyterminales (elles renferme alors un groupement acide COOH). Ces extrémités peuvent subir de petites variations (pour les plus connues : méthylation, acétylation, phosphorylation, ubiquitination) qui semblent être autant de signaux capables d'êtres décryptés et interprétés par les protéines à proximité. Un même acide aminé d'histone peut porter différentes modifications, mais une seules est possible à un instant donné. A chaque groupement correspond une enzyme capable de le greffer sur une extrémité de l'histone, et une autre capable de l'en retirer. Les groupements acétyles sont ainsi déposés par des histone-acétyltransférases (HAT) et retirés par des histone-désacétylases (HDAC) ; les groupements méthyles sont greffés par des histone-méthyltransférases (HMT) et otés par des histone-déméthylases (HDMT). Deux chercheurs américains, Strahl et Allis, ont suggéré en 2000 que ces modifications des histones constituaient un véritable code épigénétique, le "code histone". On estime en particulier que ces codes histones indiqueraient si les gènes doivent être lus ou non par la machinerie cellulaire, le concours des histones étant indispensable pour décompacter telle ou telle portion d'ADN dans le chromosome et le rendre accessible à l'ARN polymérase. Les histone-acétyltransférases ont été caractérisées comme des coactivateurs de la transcription de l'ADN, contrairement aux histone-désacétylases caractérisées comme corépresseurs. La méthylation des histones est une marque épigénétique plus complexe, dont l'effet sur la transcription du gène cible dépend de l'acide aminé cible de la modification. Par ailleurs, le nombre de groupements chimiques ajoutés sur les histones varie et possède une importance fonctionnelle dans la régulation de l'activité des gènes. Ainsi, une lysine diméthylée peut être dans une région active ou inactive de la chromatine, alors qu'une lysine triméthylée se trouvera plutôt dans des régions inactives de la chromatine. Il existe chez tous les eucaryotes des protéines qui possèdent des homologies de séquences significatives avec les "histones majeures" H2A, H2B, H3 et H4. Codées par des gènes différents, ces protéines constituent des isoformes non alléliques des histones appelées "histones de remplacement" ; elles constituent avec les histones majeures l'ensemble des "variants d'histones". Tous les histones du nucléosome possèdent des histones de remplacement, à l'exception de H4. Ces histones de remplacement représentent environ 10 % du pool d'histones des cellules somatiques. Elles sont synthétisées pendant tout le cycle cellulaire, contrairement aux histones majeures dont la synthèse est couplées à la réplication de l'ADN en phase S. La phosphorylation du variant d'histone H2A.X signale une cassure double-brin transitoire de l'ADN : si la cassure est réparée, la phosphorylation disparaît. Chez l'homme, le variant H3.3 est souvent incorporé dans l'ADN au niveau de régions transcriptionnellement actives (l'histone majeure est noté H3.1). L'action des histones est régulée par une coenzyme, la S-adénosyl méthionine. Pour relâcher la force qui relie l'ADN aux histones et permettre la lecture des gènes, deux séries d'enzymes interviennent : les gyrases et les topo-isomérases. Leur intervention semble déterminée par la présence ou l'absence, de radicaux méthyles sur l'ADN, et de radicaux acétyles sur les histones. Le plus souvent, c'est l'absence de méthylation de l'ADN qui permet l'expression complète ou partielle d'un gène, mais parfois c'est l'inverse. L'hypothèse selon laquelle la méthylation de l'ADN pourrait participer au contrôle de l'expression des gènes a été proposée simultanément en 1975 par Arthur Riggs et Robin Holliday, avant d'être confirmée expérimentalement. La méthylation de l'ADN est généralement transmise d'une génération de cellules à l'autre lors des mitoses : c'est donc elle qui détermine l'architecture de l'organisme, plus que les gènes eux-mêmes. Des modules protéiques spécifiques aux extrémités des histones sont progressivement identifiés - on leur donne le nom de "domaine". Le "bromodomaine" est un module protéique de 110 acides aminés, spécifique aux histones acétylées : elle forme une poche hydrophobe dans laquelle s'insère la lysone acétylée. La première protéine à bromodomaine identifiée est la protéine brahma de la drosophile. De même, la lysine méthylée est reconnue par un "chromodomaine" de 60 acides aminés, formant là aussi une poche hydrophobe spécifique à la lysine méthylée. La protéine HP1 (Heterochromatin Protein 1) possède un chromodomaine qui lui permet d'interagir de façon spécifique avec la lysine de l'histone H3 méthylée en position 9 [01/2007]. Une équipe de l'INSERM vient de montrer comment s'effectue le compactage de l'ADN à l'intérieur du spermatotozoïde, en faisant intervenir l'histone TH2B. Ce même histone se trouve aussi dans l'ovocyte : une fois la fécondation accomplie, il permet d'intégrer le génome mâle dans l'ovocyte [08/2013]. La butyrylation des histones est un compétiteur de leur acétylation : cette modification prend également sa source dans le métabolisme. Les gènes les plus actifs sont marqués tout à la fois par l'acétylation des histones et par leur butyrylation, et l'enzyme HAT qui acétyle les histones en dirige aussi la butyrylation. La butyrylation comme l'acétylation des histones active directement l'expression des gènes mais, en revanche, elle empêche les protéines qui reconnaissent l'acétylation de se fixer aux histones. Ainsi, un aspect de l'expression active des gènes est basé sur une alternance successive des différentes modifications chimiques des histones avec des conséquences fonctionnelles opposées. Ce système crée un état dynamique d'aller-retour des facteurs au niveau des gènes, nécessaire au maintien de leur expression active [05/2016].
Article précédent :
HIRA
Niveau supérieur :
Protéines humaines
Article suivant :
HLA-B