Alcool éthylique, liquide incolore, de formule CH3CH2OH, qui bout à 78 °C et se
solidifie à -112 °C.
L'éthanol est présent naturellement dans les fruits mûrs, qui en contiennent 1 %.
Il provient de la distillation des jus de fruits (raisin, etc.) après
fermentation, ou de matières amylacées (amidon) ou cellulosiques (grains,
fécules, bois) après transformation en glucose. Par fermentation naturelle,
les boissons alcooliques comme le vin peuvent en contenir 8 à 14 %. Pour
obtenir un pourcentage d'alcool plus important (40 à 60 % dans les eaux-de-
vie), il faut procéder à la distillation. Cette opération consiste à isoler
l'alcool par chauffage de la solution fermentée dans un alambic. L'alcool se
vaporisant avant l'eau, il peut être séparé par capture puis refroidissement de
ses vapeurs. Outre ses utilisations alimentaires et pharmaceutiques, on
emploie l'éthanol pour la fabrication de produits chimiques et comme carburant.
L'éthanol est soluble dans l'eau et partiellement soluble dans les graisses :
quelques minutes après son absorption, il est distribué à tous les organes dont
le cerveau, sur lequel il a un impact par deux effets au niveau des neurones.
Il inhibe les récepteurs GABA (neurotransmetteur inhibiteur) et diminue
l'activité des récepteurs à glutamate (excitateurs), d'où une inhibition
cérébrale et comportementale pouvant entraîner un coma éthylique voire la mort.
La consommation d'éthanol a des effets diurétiques qui entraînent une
déshydratation, laquelle est responsable du mal de tête et de la langue pâteuse
caractérisant la "gueule de bois", effets que l'on peut combattre simplement en
buvant beaucoup d'eau avant et après la prise d'alcool.
Elle entraîne par ailleurs une diminution importante de la vitamine B1
(thiamine), dont la carence chronique peut provoquer une encéphalopathie de
Gaillet-Wernicke : perte de l'équilibre, paralysie des yeux, confusions...
[01/2013].
L'éthanol est métabolisé par un système spécifique, le système mitochondrial
d'oxydation de l'éthanol (Meos), qui consume l'alcool sous forme de chaleur au
lieu de le stocker [09/2010].
Des études montre que plus on boit d'alcool, plus le volume du cerveau diminue.
Chez les jeunes, ces effets sont encore plus délétères : la taille de
l'hippocampe (zone essentielle aux processus de mémorisation) peut être réduite
de moitié chez les jeunes alcooliques [09/2010].
La consommation d'alcool réduit le volume du cerveau de 0,25 cm3 par an pour
chaque gramme d'alcool consommé par kilo de masse corporelle (soit 4 bières par
jour) [05/2019].
La combustion de l'éthanol dégage moins de benzène que l'essence, mais produit
beaucoup d'acétaldéhyde, un composé organique volatil contribuant à la formation
de l'ozone et du smog [06/2007].
L'éthanol a été classé "agent cancérogène" par le CIRC en 2008.
Une étude vient de montrer qu'il suffit de 4 ans chez la femme (contre 12 chez
l'homme) pour qu'une consommation excessive d'alcool entraîne un début de
dégradation des fonctions cérébrales impliquées dans la production ou la
diffusion de la sérotonine [02/2012].
Des chercheurs américains ont mis au point des nanocapsules capables de
dégrader l'éthanol dans l'organisme. Elles contiennent un mélange de deux
enzymes (des catalases) : l'alcool oxydase, qui catalyse la dégradation de
l'éthanol en acétaldéhyde et en eau oxygénée (H2O2), et une seconde catalase
qui catalyse la dégradation de l'eau oxygénée (toxique pour l'organisme) en eau
et en dioxygène (O2). Le tour de force consistait à recouvrir ces deux enzymes
d'un polymère, faute de quoi elles se dégradent très rapidement.
Injectées à des souris en état d'ivresse, ces nanocapsules ont fait baisser
leur taux d'alcoolémie plus rapidement que la normale, sans pour autant
produire un dégrisement immédiat : 10 % d'alcool supplémentaire dégradé au
bout de 15 mn - mais autant que le foie n'aura pas à traiter [02/2013].
L'Institut Pasteur a identifié 5 sites de liaison de l'éthanol aux neurones :
4 sur les récepteurs nicotiniques et un sur les récepteurs GABA, sur lesquels
il force l'ouverture du canal contrôlant l'influx nerveux, qui va exciter les
neurones inhibiteurs et perturber ainsi l'activité cérébrale [04/2013].
L'éthylglucuronide (Etg) est un marqueur de l'éthanol.
Sa présence dans les cheveux à plus de 30 pg/ml atteste d'une consommation
excessive de plus de 60 g d'alcool par jour, soit 6 verres.
Les cheveux poussant d'environ 1 cm par mois, une mèche prélevée à la base
permet d'analyser la consommation d'un individu sur plusieurs mois [03/2015].
Le vin a un effet bénéfique sur l'acétylcholine, un neurotransmetteur impliqué
dans la mémorisation [09/2015].
L'université de Californie à San Diego a mis au point un patch électronique qui
mesure en direct le taux d'alcoolémie : placé sur la peau, ses deux électrodes
font passer un faible courant dans la peau, déclenchant la sudation qui contient
l'acool éthylique, ce dernier réagissant alors avec l'alcool oxydase dont est
recouvert une électrode, en produisant du peroxyde d'hydrogène détecté par le
dispositif [09/2016].
L'analyse du génome de plus de 100 000 personnes a permis d'identifier un gène
associé à la consommation excessive d'alcool.
Ce gène code pour le récepteur de l'hormone FGF12, sécrétée par le foie en cas
d'absorption d'alcool ou de sucre et agit sur le cerveau pour ralentir cette
consommation. Des souris dépouvues de ce récepteur boivent davantage d'alcool
[01/2017].
La consommation d'alcool élève le taux sanguin de choléstérol [06/2017].
Les végétaux privés d'eau produisent naturellement de l'éthanol, oour une
raison encore inconnue. Des chercheurs japonais ont appliqué de l'alcool sur
des plants de blé et de riz avant de les priver d'eau pendant 15 jours : 75 %
es plants ayant reçu une application externe d'éthanol ont survécu après
avoir été réhydratés, contre seulement 5 % des plants non traités !
L'éthanol aurait pour effet de refermer les stomates de plantes, leur
permettant de retenir leur eau pendant la sécheresse [08/2022].
Synonyme : alcool éthylique.
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