Corps non métallique, d'une couleur jaune clair ; élément (S), de numéro
atomique 16 et de masse atomique 32,06.
Chauffé, le soufre fond vers 113 °C, en donnant un liquide jaune clair, puis
devient visqueux et brunit ; vers 220 °C, il est noir et ne coule plus ; puis
il redevient fluide, en restant noir ; il bout, enfin, à 444,6 °C. Le soufre
existe sous deux formes cristallines : le soufre alpha, de densité 2,06, et le
soufre bêta, de densité 1,96.
Chimiquement voisin de l'oxygène, le soufre s'unit à chaud à l'hydrogène et au
carbone pour donner l'acide sulfhydrique H2S et le sulfure de carbone CS2.
Il se combine directement au fluor, au chlore et au brome, et brûle dans l'air
avec une flamme bleue en donnant du gaz sulfureux SO2.
Constituant 0,05 % de la croûte terrestre (16e rang en abondance relative), le
soufre se trouve à l'état natif dans le voisinage de nombreux volcans. Plus
fréquemment, il est combiné aux métaux, et les sulfures de fer, de cuivre, de
plomb, de zinc constituent d'importants minerais de ces métaux. Enfin, il se
trouve sous forme d'hydrogène sulfuré dans certains gaz naturels. Il figure
aussi dans la houille et les pétroles (de 1 à 2 %).
Brut, le soufre sert à la fabrication du gaz sulfureux, de l'acide sulfurique,
du sulfure de carbone, des thiosulfates, etc. Purifié, il entre dans la
composition de la poudre noire. On l'emploie aussi pour la fabrication des
allumettes ou la vulcanisation du caoutchouc.
L'industrie pétrolière produit de grandes quantités de soufre : 2,7 g par litre
d'essence par exemple. La demande en soufre étant inférieure à la production,
l'université de l'Arizona a mis au point un procédé (la vulcanisation inversée)
permettant de produire un plastique thermoformable à partir de soufre et d'un
monomère vinylique, pour un coût modique. Le polymère ainsi produit pourrait
aussi entrer dans la composition des batteries Lithium-Soufre (Li-S), dont il
améliore grandement la faible durée de vie actuelle [04/2013].
Le soufre est une substance bactériostatique, utilisé en traitement nasal mais
aussi par l'industrie agro-alimetaire pour empêcher les fruits de s'altérer
durant leur transport.
L'usage alimentaire du soufre est cependant de plus en plus réglementé, car il
entraîne des manifestations d'intolérance (maux de tête, démangeaisons, asthme)
[01/2014].
La météorite de Chicxulub, qui s'est abattue il y a 65 millions d'années sur la
péninsule du Yucatan au Mexique, est communément admise comme étant la
responsable de l'extinction des dinosaures.
Mais elle a aussi vaporisé instantanément des roches riches en soufre,
produisant un épais nuage de SO3 qui, mélangé à la vapeur d'eau, a déclenché
des pluies d'acide sulfurique à la surface de la Terre, qui ont acidifié la
couche supérieure des eaux océaniques et causé l'extinction de nombreuses
espèces marines [04/2014].
On estime que les mammifères aussi ont frôlé l'extinction à cette occasion :
seules quelques dizaines d'espèces auraient survécu, grâce à leur petite taille,
leur vision nocturne et leur grande adaptabilité - ils se seraient nourris
d'insectes nécrophages [08/2016].
Des chercheurs ont enfin retrouvé de l'iridium au centre du gigantesque cratère
de Chicxulub, permettant d'établir avec certitude le lien avec l'astéroïde qui
a entraîné l'extinction des dinosaures, dont on retrouve l'iridium (très rare
sur Terre) sur plus de 350 sites dans le monde, dans une fine couche marquant
la limite entre le crétacé et le paléogène [06/2021].
La crise du Crétacé-Tertiaire aurait fait coïncider l'explosion du supervolcan
du Deccan (Inde) et l'impact de la météorite de Chicxulub il y a 66 millions
d'années. Des fossiles de poissons datés de cette période présentent en effet
de petites billes de verres qui se sont introduites dans leurs branchies avant
leur mort : il s'agit prbablement des éjectats arrachés au cratère du Yucatan
[05/2019].
L'hexafluorure de soufre (SF6) est un isolant électrique gazeux.
C'est aussi le plus puissant des gaz à effet de serre, avec un pontentiel de
réchauffement 23500 fois supérieur à celui du CO2, ainsi qu'une durée de vie
de 3200 ans !
Depuis 2018, entre 1,3 et 2 tonnes de SF6 se sont échappées lors de fuites dans
les centrales nucléaires françaises, selon l'autorité de sureté nucléaire
[03/2022].
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