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 Empreinte parentaleRechercher images 

Propriété découverte dans les années 1980, qui consiste en un marquage épigénétique différentiel des génomes mâle et femelle, qui se rencontrent dans l'oeuf fécondé et jouent ainsi des rôles complémentaires. L'empreinte parentale conduit à l'expression monoallélique d'un gène en fonction de l'origine parentale de l'allèle. Chez la souris, il existe 12 régions chromosomiques qui ne sont pas identiques selon qu'elles proviennent du père ou de la mère. Cela explique notamment pourquoi le croisement d'individus entre espèces inter-fécondes produit des rejetons très différents selon que la mère est d'une espèce ou de l'autre (cheval et âne, lion et tigre...). Le gène Igf2 ne s'exprime par exemple qu'à partir de l'allèle d'origine paternelle, l'allèle maternel étant silencieux : c'est l'un des premiers gènes à avoir été identifiés, en 1991, comme étant soumis à l'empreinte parentale. Depuis, une soixantaine de gènes soumis à l'empreinte parentale ont été définis sur l'ensemble du gènome des mammifères ; ils sont tous regroupés dans de grandes régions sur les chromosomes. C'est au moment de la gamétogenèse que ces regroupements seront méthylés ou non selon que le gamète est mâle ou femelle. On connaît une centaine de gènes soumis à l'empreinte parentale : la plupart sont impliqués dans la croissance de l'embryon et du placenta. Cette "sexuation" du génome explique que le croisement d'une jument et d'un âne donne un individu (le mulet) très différent de celui d'une ânesse avec un cheval (le bardot). Le croisement d'une tigresse et d'un lion donne un ligre deux fois plus gros que ses parents, alors que le tigron issu d'une lionne et d'un tigre est lui beaucoup plus petit que ses parents. De même, le risque de souffrir d'un diabète de type 1 est plus élevé si c'est le père qui est diabétique, alors qu'au contraire celui de souffrir d'une dépression bipolaire sera conditionnée par la transmission maternelle [03/2008]. Les gènes soumis à l'empreinte parentale étant limité à une expression monoallélique, il suffit d'une seule mutation (d'origine génétique) ou paramutation (d'origine épigénétique) pour aboutir à un déréglement métabolique, voire à un cancer. Ainsi, dans un cancer du rein produisant des "tumeurs de Wilms", le gène Igf2 perd son empreinte et s'exprime de façon biallélique, la trop grande expression de ce facteur de croissance favorisant la prolifération des cellules cancereuses dans ces tumeurs. C'est aussi le cas des syndromes réciproques de Prader-Willi et d'Angelman, liés à la même région du chromosome 15 soumise à l'empreinte, où une délétion entraîne l'expression biallélique des gènes paternels et la répression du gène maternel UBE3A sur les deux allèles. L'empreinte parentale n'existant que chez les mammifères placentaires, on imagine qu'elle est apparue pour permettre de conserver un bon équilibre entre les besoins du foetus et la santé de la mère. Pour expliquer l'existence de l'empreinte parentale, une théorie dite du "conflit parental" suppose qu'au cours des générations, les gènes paternels ont été sélectionnés pour favoriser le développement de l'embryon grâce au passage intense de nutriments via le placenta, alors que les gènes maternels devront surtout contrôler l'extraction de ces ressouces [01/2007].
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