Médicaments cytotoxiques prescrits dans le but de détruire ou de stopper la
croissance des cellules tumorales.
On classe les anticancéreux selon la localisation de leur activité, à savoir :
les molécules qui agissent sur la réplication de l'ADN, les antimétabolites qui
interviennent dans la biosynthèse des acides nucléiques et des protéines, et
les molécules qui interfèrent avec le fuseau mitotique (antimitotiques).
Les anticancéreux agissant sur l'ADN comprennent quatre types de molécules :
- Les cytostatiques alkylants empêchent la réplication de l'ADN en se combinant
avec certains éléments de celui-ci pour former des ponts stables par liaison
covalente entre les deux chaînes. Ainsi, lors de la mitose, l'ADN ne peut
plus se dédoubler, car sa structure moléculaire est altérée ;
- Les cytostatiques intercalants, comme les anthracyclines, empêchent la
transcription de l'ADN par un mécanisme d'intercalation. Ces molécules vont
en effet s'insérer entre deux paires de bases consécutives de l'ADN,
entraînant ainsi leur éloignement. L'ADN, ainsi déstructuré, n'est plus
fonctionnel ;
- La bléomycine, antibiotique extrait de micro-organismes, s'insère dans la
double hélice de l'ADN, dont elle provoque la cassure des brins ;
- Les épipodophyllotoxines sont des inhibiteurs de la topo-isomérase II, une
enzyme nécessaire aux réparations de l'ADN. Les molécules inhibitrices se
lient à l'enzyme et inactivent la réparation de l'ADN.
Les antimétabolites présentent la propriété de constituer des leurres pour les
voies de biosynthèse de la cellule : en s'immisçant dans les grandes étapes de
synthèse des composés vitaux pour la cellule, ces médicaments bloquent le
développement de cette dernière à un stade incompatible avec sa survie ou sa
division. Ainsi, ils entravent le cycle de la vie cellulaire. Il peut s'agir
soit d'une inhibition directe, soit de l'incorporation d'un intermédiaire
trompeur qui prendra la place de la molécule physiologique, entraînant ainsi un
arrêt de la synthèse des acides nucléiques.
Les antimitotiques sont des alcaloïdes ou des substances chimiques alcalines
d'origine végétale, qui perturbent la formation du fuseau mitotique impliqué
dans le mouvement des chromosomes au cours de la mitose et bloquent ainsi la
division cellulaire.
Les inhibiteurs de l'aromatase (IA) s'opposent à l'action de l'aromatase, une
enzyme du métabolisme hormonal qui, dans certains cancers, stimule la
croissance des tumeurs.
Les inhibiteurs de la tyrosine kinase (ITK) représentent une nouvelle classe
d'antitumoraux, qui interviennent au niveau des voies métaboliques (facteurs de
croissance, hormones) par lesquelles les cellules cancéreuses reçoivent l'ordre
de se diviser. En bloquant la réception de l'ordre de division, qui passe par
la tyrosine kinase, la croissance de la tumeur peut être stoppée.
Les inhibiteurs des cyclo-oxygénases s'opposent à ces enzymes impliquées dans
la synthèse des prostaglandines, qui ont un rôle favorisant dans certaines
tumeurs.
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