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Substance composée de protéines antigéniques d'origine microbienne, inactivées, et administrée afin de stimuler la réponse immunitaire de l'hôte à ces antigènes, afin qu'en cas d'infection les micro-organismes pathogènes porteurs de ces antigènes soient pris pour cible avec plus de rapidité et d'efficacité. La première vaccination fut réalisée en 1796 par le médecin britannique Edward Jenner contre la variole, en inoculant l'exsudat du virus de la vaccine, maladie de la vache provoquée par un virus proche et bénin pour l'Homme. Un vaccin consiste à inoculer un antigène (des fragments de l'agent infectieux) que les macrophages vont tout d'abord phagocyter, avant de se transformer en CPA (cellules présentatrices d'antigènes) et de rejoindre le ganglion lymphatique le plus proche pour y présenter l'antigène aux lymphocytes T auxillaires. Cela va déclencher deux types de réponses : - L'activation des lymphocytes B : au contact de l'antigène, certains vont se différencier en plasmocytes spécialisées dans la production d'anticorps, pendant que d'autres vont devenir des "lymphocytes B mémoires" prêts à accélérer la réponse immunitaire au prochain contact avec l'antigène. - L'activation des "lymphocytes tueurs" ou T8 : certains vont devenir des "lymphocytes T tueurs activés", d'autres des "lymphocytes T mémoires" qui accélérer la réponse immunitaire au prochain contact avec l'antigène. [12/2015]. Les vaccins actuels sont réalisés à partir de micro-organismes vivants atténués ou tués (bactéries, virus, protozoaires) ou de substances solubles (toxine atténuée dite anatoxine, fraction antigénique). Les vaccins les plus efficaces sont les vaccins d'origine virale. L'élicitation est l'équivalent de la vaccination pour les végétaux : elle consiste là aussi à stimuler les défenses immunitaires de la plante en la mettant en contact avec des molécules proches des celles des agents pathogènes, afin de la pousser à produire des composés antimicrobiens et à renforcer la paroi de ses cellules. L'élicitation est utilisée notamment pour la vigne [10/2017]. Contrairement à ce que l'on croit souvent, le système immunitaire n'apprend pas à reconnaître les nouveaux antigènes : ce sont les lignées d'anticorps présentes au préalable qui sont sélectionnées en fonction de leur affinité avec l'antigène. Nous ne pouvons donc lutter que contre des virus ou bactéries qui ont "sélectionné" nos ancêtres les plus résistants. Les vaccins ne font rien de plus que de stimuler des anticorps préexistants, d'où la difficulté à lutter contre les virus émergeants [06/2005]. En 2003, la production mondiale de vaccins contre la grippe a été d'environ 300 millions de dose, soit plus du double que 10 ans auparavant. 62 % de cette production a été distribuée dans les 9 pays possédant les firmes pharmaceutiques qui produisent 95 % des doses, et représentant 12 % de la population mondiale. Selon Jean-François Saluzzo, spécialiste des vaccins et consultant à l'OMS, la mise au point de nouveaux vaccins achoppe sur notre méconnaissance de la réponse immunitaire : les succès sont essentiellement dus à une approche empirique et à un facteur chance non négligeable, qui fait que l'on ne sait toujours pas expliquer le fonctionnement des vaccins ! Ainsi, si un vaccin fonctionne du premier coup, on n'y touche plus : c'est le cas du vaccin contre la fièvre jaune qui date de 1936, celui de la rougeole ou plus récemment celui de l'hépatite A. A l'inverse, lorsque la première approche n'a pas fonctionné, aucune solution de rechange n'est trouvée : c'est le cas pour l'herpès, le virus respiratoire syncital et le sida [10/2011]. L'analyse d'une souche virale d'herpesvirus mortelle pour les poulets, apparue en Australie en 2008, montre qu'elle résulte de la recombinaison de deux virus atténués (une souche européenne et une souche australienne) issus des vaccins injectés aux poulets - c'est le premier cas jamais observé [07/2012]. L'Europe produit 90 % des 4 milliards de doses de vaccins utilisées dans le monde [12/2015]. La voie cutanée devrait à terme remplacer la piqûre intramusculaire pour administrer les vaccins. La peau est en effet riche en cellules immunitaires, les cellules dendritiques telles les cellules de Langerhans, très efficaces dans l'initiation d'une bonne réponse immunitaire [12/2015]. La France est le pays au monde où l'on se méfie le plus des vaccins, avec 41 % de personnes jugeant les vaccins non sûrs, contre 0,2 % au Bengladesh [10/2016]. La vaccination de masse (vacciner un maximum de personnes pour obtenir une "immunité collective") n'a pas toujours été le dogme dominant ni la stratégie gagnante pour éradiquer une maladie infectieuse. Ainsi le professeur William Foege du Center for Dicease Control (Atlanta, USA) a montré qu'en Inde, pays où la variole faisait régulièrement des ravages malgré les campaganes de vaccination de masse, qu'en identifiant, vaccinant et isolant uniquement les personnes infectées par la variole, la maladie a pu être éliminée en seulement 12 mois en 1966. Dans le rapport de l'OMS déclarant la variole éradiquee en 1979, il est ainsi rappelé que "les campagnes de vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas". Des études ont depuis montré que 2 à 7 % des personnes vaccinées ne répondent pas à la vaccination et restent donc exposées et contagieuses. La vaccination systématique des enfants contre la rougeole a pour effet de retarder leur exposition à cette maladie à un âge de plus en plus tardif (16 ans en moyenne en 2021), âge qui ne cesse d'augmenter, sachant que les formes graves augmentent avec l'âge des sujets infectés... Dans le cas des maladies à contagion respiratoires (comme la grippe ou le Covid-19), la vaccination est souvent intramusculaire : elle protège donc les sujets contre les formes graves, mais pas contre l'infection par les voies respiratoires, et n'empêchent donc pas la propagation de la maladie. A ce jour la mise au point de vaccins administrables en spray par les voies respiratoires se heurte à des problèmes d'efficacité [10/2022]. En 1995, l'anthropologue danois Peter Aaby a montré qu'en Guinée-Bissau, la vaccination des enfants contre la rougeole avait entraîné une baisse d'au moins 50 % de la mortalité infantile ! Ces "effets non spécifiques" des vaccins peuvent aussi avoir un impact négatif : le vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche fait ainsi augmenter la mortalité des filles. D'autres études montrent que l'ordre d'injection des vaccins pédiatriques joue aussi un rôle important sur leur efficacité ainsi que sur leurs effets secondaires. Il est aujourd'hui établi que l'ordre, la dose et le sexe sont des facteurs majeurs qui modifient la balance bénéfice-risque des vaccins [10/2022]. Contrairement aux médicaments, les vaccins ne sont pas soumis à l'obligation de tests précliniques (tests d'induction de cancers, de mutagénèse, d'impact sur la fertilité des patients), ni d'études en double aveugle (avec un groupe témoin exposé à un placebo) qui permettraient d'évaluer leurs éventuels effets secondaires avant leur mise sur le marché [10/2022] !
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