Micro-organisme subviral responsable de certaines maladies des végétaux
supérieurs, probablement le plus petit agent infectieux existant.
Contrairement aux virus, composés de matériel génétique (ADN ou ARN) et de
protéines, les viroïdes sont constitués seulement de matériel génétique, en
l'occurrence un court brin d'ARN circulaire. Leur taille n'excède pas un
dixième de celle des plus petits virus connus.
Dépourvus de la coque de protéines qui permet aux virus d'infecter leurs
cellules-cibles, les viroïdes ne peuvent pénétrer que dans des cellules
abîmées. Leur transmission de plante à plante se fait donc à l'occasion de
blessures simultanées sur des feuilles ou des tiges en contact les unes avec
les autres, ou par l'utilisation d'outils agricoles. La petite taille du
matériel génétique des viroïdes ne leur permet probablement de coder que pour
une seule enzyme. Ils se multiplient dans le noyau des cellules infectées, mais
on ne connaît pas, à l'heure actuelle, les modalités de leur réplication. Les
plantes touchées sont rabougries, décolorées et peuvent finir par mourir.
Depuis leur découverte à la fin des années soixante ont été mis en évidence une
vingtaine de viroïdes, causant des maladies à des plantes aussi diverses que la
pomme de terre, le pommier ou le chrysanthème.
Aucun viroïde n'a pour l'instant été mis en évidence chez les animaux, mais les
savants supposent que certaines maladies nerveuses pourraient être causées par
des micro-organismes de ce type.
Les viroïdes comptent deux familles : Pospiviroidae et Avsunviroidae.
La famille Pospiviroidae comprend les genres Pospiviroid, Hostuviroid,
Cocadviroid, Apscaviroid, Coleviroid.
La famille Avsunviroidae comprend les genres Avsunviroid et Pelamoviroid.
Des chercheurs de l'université de Stanford (USA) ont créé un logiciel d'analyse
des gènes actifs de microbes vivant chez l'homme afin d'y détecter des
séquences d'ARN circulaire : ils en ont mis en évidence environ 30 000, d'une
longueur moyenne de 1000 bases ! 50 % des ARN circulaires étaient présents
dans des bactéries buccales, 7 % dans des bactéries instestinales.
Ces entités, à mi-chemin entre les virus (au génome plus simple) et les viroïdes,
ont été dénommées "obélisques" par les auteurs - elles permettront peut-être de
savoir enfin si les virus sont le résultat d'une évolution ou d'une régression
[01/2024].
|