Notre cerveau ne nous donne pas accès à la réalité, mais à une interprétation
de cette réalité à travers les perceptions de nos sens, mais aussi au travers
de traitements automatiques dont nous n'avons pas conscience, tels que le
filtrage des informations ou la prédiction automatique des événements.
Par exemple, notre vision passe par nos yeux, puis est est recomposée au sein
de notre cortex visuel (à l'arrière du crâne), dont les réseaux de neurones
spécialisés se chargent respectivement de traiter la forme, la couleur,
l'orientation, le mouvement, etc.
Ainsi, nos capteurs de couleurs (les cônes) étant principalement implantés au
centre de la rétine, notre perception des couleurs devrait se limiter à notre
vision centrale, notre vision périphérique étant en noir et blanc (bâtonnets).
C'est donc le cerveau qui compense cette lacune en se chargeant de colorer
notre vision périphérique
De même, notre rétine étant courbe, elle ne perçoit que des courbes : le
concept de lignes parallèles relève donc de notre expérience du monde.
À la naissance, les enfants voient double : chaque oeil perçoit une image ;
ce n'est que lorsque l'enfant peut intéragir avec son environnement que son
cerveau va s'adapter pour superposer ces deux images, en apportant au passage
une information précieuse sur la distance des objets (vision stéréoscopique).
L'alcool a pour effet de perturber ce mécanisme de superposition des images.
Les illusions d'optique sont les révélateurs de notre perception au monde :
elles mettent en évidence les automatismes du cerveau pour interpréter,
rendre cohérent et prédire des situations, grâce à notre expérience du monde.
Exemple : "anamorphose" (dessin à plat paraissant en 3D sous un angle précis).
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"L'échiquier d'Adelson", conçu en 1995 au MIT, montre un cylindre posé sur un
échiquier, dont l'ombre rend une case blanche de même couleur qu'une case
grise en pleine lumière. Mais notre cerveau voyant un échiquier constitué
d'une alternance de cases blanches et grises, refuse d'accepter que ces deux
cases sont du même gris, même en étant pleinement conscient de son erreur !
Cette éxpérience montre que notre cerveau ne nous montre pas la réalité, mais
la somme de projections automatiques issues de notre expérience.
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